Yann Couillard, accompagnateur en montagne (Azimut Rando) est connu à Courchevel pour ses sorties en raquettes et ses soirées igloo l’hiver. On peut aussi le croiser au printemps en pleine observation des marmottes et l’été, il organise des stages de survie. Ce que l’on sait peut-être moins, c’est que ce passionné de terres sauvages a réalisé trois incroyables expéditions en Arctique. Retour sur ces aventures polaires.

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Tout commence d’un rêve, puis il se concrétise petit à petit. Le vrai déclic, je l’ai eu il y a 18 ans environ, on commençait à parler de réchauffement climatique, ces zones qui m’attiraient étaient déjà confrontées à cette réalité. Je voulais explorer ces milieux qui allaient changer en très peu de temps.

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Ce n’était pas forcément sur ma liste des destinations, mais lors d’un séjour en Islande, que j’ai adoré, des Islandais m’ont dit « Tu as aimé notre pays ? Le Groënland, c’est sa version XXL ! ». Cela m’a donné envie de faire cette découverte. Je suis alors parti d’Ittoqqortoormiit, sur la côte nord-est. C’est le policier local qui m’a aidé pour savoir où poser ma tente (là où je voulais camper, un ours avait été aperçu deux jours avant !). Cette expédition d’un mois, je l’ai faite en kayak car il a l’avantage de pouvoir stocker jusqu’à 150 kg de matériel.

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’étais seul, sans GPS, ni téléphone satellite. Tous les jours, je m’émerveillais, même quand il faisait mauvais temps. Je suis quand même passé deux fois à l'eau en arrivant sur des plages à cause de grosses vagues ! J’ai croisé quelques phoques, dont un qui m’a suivi pendant deux jours, des bœufs musqués (dont la charge peut être mortelle), beaucoup d’oiseaux, des lièvres variables… Dans le Scoresbysund, je me suis retrouvé dans une fabrique à icebergs à naviguer sur la glace, je devais la casser pour avancer.

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L’idée était de faire 600 km au cœur de la taïga et de la toundra, sur les traces d’un explorateur du XVIIIe siècle, Samuel Hearne. Je suis parti de Yellowknife avec deux parisiens passionnés de culture inuit pour arriver à Kugluktuk.

Qu’est ce qui t’a marqué dans le Nunavut ?

Nous avons marché (plutôt skié) sur les traces des Premières Nations, les Dénés, jusqu’aux Inuits. Cela a fait très plaisir aux Dénés de voir des gens avancer par leurs propres moyens, sans motoneige. On leur a offert le café au milieu d’un lac gelé, c’était assez incroyable car le grand lac des Esclaves ou le grand lac de l’Ours sont presque des mers intérieures ! On avançait en ligne droite dessus. Là où cela se corsait, c’était dans la forêt, dans la poudreuse avec la pulka, c’était plus compliqué ! Nous avons croisé quelques animaux : des loups (de loin), des lièvres, des lagopèdes, etc.

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Oui, on les estime à 5000, plus que le nombre d’habitants ! La préparation a été pleine de rebondissements car les norvégiens sont intransigeants sur les lois. Il faut montrer patte blanche, prouver que l’on est autonome et conscient des dangers, qu’on peut mettre en place une procédure contre l’ours, qu’on a les moyens financiers de payer les secours, etc.

Je suis parti en kayak de Longyearbyen le 4 juin 2012 pour un périple de 400 km pour remonter au nord de l’île de Spitzberg, à 1000 km du Pôle Nord. Après deux jours de navigation, j’ai fait une pause dans une colonie russe où j’ai été invité à dormir. Des danseuses russes venaient d’arriver pour donner une représentation le soir même, c’était complétement improbable !

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A Ny-Alesund se trouve la base polaire la plus au nord du monde où se trouve l’Institut Polaire Paul-Émile Victor. Des scientifiques y travaillent en permanence, ils ne sont pas très fans des explorateurs mais ils ne m’ont pas chassé et j’ai même négocié une douche !

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Pas d’ours, un regret mais un soulagement quand même car c’est dur à gérer. J’ai tout de même eu une frayeur une fois car, vers 3 heures du matin, un bécasseau s’est pris dans ma barrière anti-ours qui entourait ma tente et a déclenché les explosifs : je suis sorti vite fait avec le fusil ! L’avantage là-bas, c’est qu’il faisait toujours jour, donc c’est moins angoissant, ça enlève beaucoup de stress.

Pas d’ours donc, mais les rennes du Svalbard, une espèce courte sur pattes, qui peut supporter les vents violents, m’ont souvent tenu compagnie. J’ai croisé également des oies, des pétrels, des sternes et des phoques annelés très curieux. Je pense qu’un rorqual est venu tourner autour de moi car j’ai vu son aileron !

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